Société des musées du Québec

Musées, côté jardins… Succombez aux charmes de jardins romantiques!

Claude Benoit, muséologue

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CC BY-NC-SA : Maison Henry-Stuart, photo : Simon Laroche

Un banc à l’ombre d’un grand arbre, le parfum capiteux des plantes, le bruissement des pétales, les chants amoureux des oiseaux… des jardins chargés d’histoires vous ouvrent leur cœur.

Le jardin intime des sœurs Stuart à Québec

Au cœur de la Capitale, sur la Grande-Allée, découvrez un bijou architectural : la Maison Henry-Stuart. Aux abords de la demeure patrimoniale, les dames de la maison ont aménagé un riche jardin à l’anglaise. Les arrangements floraux proches de la nature s’inscrivent dans le mouvement pittoresque, l’une des expressions artistiques du romantisme. Ils font écho au décor intérieur authentique et à l’ambiance raffinée de la résidence. Ils témoignent de la vie intime et sociale des sœurs, Adèle Maud et Mary Lauretta Stuart, propriétaires de cette magnifique résidence bourgeoise de 1918 à 1987.

Avis aux cœurs sensibles, les couleurs vibrantes de la roseraie et les parfums délicats de cet espace de beauté hors du temps sont enivrants.

La passion des jardins d’Henry Atkinson à Sillery

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Villa Bagatelle 
CC BY-NC-SA : Ville de Québec

À deux pas du parc du Bois-de-Coulonge, le jardin à l’anglaise de la Villa Bagatelle vous séduira par son caractère intime et champêtre. Impressionné par le parc de Bagatelle en banlieue de Paris, le marchand de bois Henry Atkinson engage, en 1848, le jardinier écossais Peter Lowe pour faire de son nouveau domaine un lieu de détente et de plaisance. Celui-ci dispose plantes indigènes et ornementales, arbres et arbustes de manière asymétrique pour reproduire l’aspect sauvage de la nature selon les principes du mouvement pittoresque en vogue dès la fin du 18e siècle.

Admirez les allées de pommiers, le sentier sinueux bordé d’espèces sauvages prélevées à même le boisé attenant au terrain. Ne manquez pas les vedettes : érables à sucre, chênes rouges, ormes d’Amérique, gingembre sauvage et thé des bois, des plantes probablement présentes du temps de Peter Lowe. À lui seul le ginkgo bilobé, un arbre dont l’espèce remonte à l’ère primaire, vaut quelques clichés souvenirs, Charles Darwin l’ayant qualifié de vrai fossile vivant !

Le jardin romantique des seigneurs de Lotbinière à Sainte-Croix

Domaine Joly-de-Lotbinière
© Domaine Joly-de-Lotbinière

Au milieu du 19e siècle, Pierre-Gustave Joly construit une résidence de villégiature et un immense parc-jardin romantique sur les terres de la seigneurie dont sa femme, Julie-Christine Chartier de Lotbinière, a hérité. Au vaste domaine, les descendants ajoutent des arbres exotiques et indigènes. Ils installent des kiosques, des pavillons de lecture et des bancs, afin que les membres de la famille et leurs invités puissent profiter de la beauté et des richesses du cap de Pointe-Platon.

À votre tour, profitez de ce lieu intimiste. Les coloris tendres, les bruits d’eau, les fleurs parfumées, les fruits et feuillages doux charmeront vos sens.

Les jardins oubliés de la famille Chapais à Saint-Denis-De La Bouteillerie

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CC BY-NC-SA : La Maison Chapais

Accrochée au rocher, une résidence aux murs blancs et au toit rouge s’impose, c’est la Maison Chapais. Dès sa construction en 1833, Georgina Dionne, la femme de Jean-Charles Chapais, aménage et cultive avec amour et intelligence son jardin de fleurs. Son plus jeune fils, Thomas, poursuit ses efforts et enrichit ce patrimoine jusqu’en 1946. Oublié pendant plus de 50 ans, le jardin champêtre a repris vie en 2003. Il raconte avec couleurs et sensibilité l’histoire de la famille. De même, le verger de l’aîné, Jean-Charles junior, a retrouvé son air de laboratoire d’agronomie à ciel ouvert aux côtés du potager où l’on peut goûter diverses espèces de légumes et de petits fruits souvent méconnus.

À l’époque victorienne, les jardins derrière la somptueuse demeure accueillent la classe politique et la haute bourgeoisie pour socialiser et prendre le thé. Aujourd’hui, vous êtes les bienvenus aux « Dimanches champêtres » de l’été, où Georgette Chapais, fille de Jean-Charles, en compagnie d’artistes de tous les horizons, vous recevra comme des amis de la famille.