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Bilan des consultations menées par la SMQ auprès de ses membres en avril 2017

Questions politiques / 24 mai 2017

Entre le 11 et le 26 avril, l’équipe de la SMQ est allée à la rencontre de ses membres dans les 5 villes suivantes : Nicolet, Montréal, Gatineau, Ste-Foy et Rimouski. Des moyens technologiques ont été mis à la disposition des représentants de l’Abitibi-Témiscamingue lors de la séance à Gatineau. De plus, des membres ne pouvant pas se présenter en personne ont transmis leurs réponses au questionnaire par courriel. En tout, 65 personnes ont participé, de différentes manières, à cet exercice qui visait à échanger sur les enjeux du réseau muséal et sur les priorités que la SMQ devrait retenir pour aider ses membres dans le contexte où des pressions sont exercées, de toutes parts, sur eux.

Principaux constats

Parmi les principaux enjeux soulevés, l’absence d’une culture des musées, voire d’une reconnaissance de leur rôle fondamental dans la société, a été déplorée, et ce, auprès de toutes les parties prenantes (gouvernements, municipalités, entreprises privées, partenaires, associations, autres acteurs culturels, etc.). Le discours autour de l’institution muséale est plus souvent centré sur ses besoins plutôt que sur l’expérience irremplaçable qu’elle fait vivre au public.

Sans surprise, il appert que le sous-financement perdure et constitue un enjeu central pour le quotidien de la majorité des répondants. Les problèmes liés au financement se traduisent par :

  • Un désengagement des gouvernements, alors que l’instabilité et les fluctuations arbitraires des ressources allouées aux programmes fragilisent et compromettent la survie de certaines institutions muséales et celle des regroupements régionaux de musées,
  • Un accès ardu au financement privé,
  • Une contribution inégale des municipalités,
  • Des engagements avec le milieu scolaire instables et inégaux,
  • Des revenus autonomes difficiles à augmenter dans le contexte économique actuel et en raison de la concurrence accrue.

Si les enjeux financiers font en grande partie écho aux recommandations formulées dans le cadre du Grand Chantier des États généraux, 6 ans plus tard, plusieurs se préoccupent aussi de la fragmentation du réseau. En effet, le transfert des centres d’exposition au CALQ, la mise à l’écart des institutions dont la portée est considérée comme « locale » et l’exclusion du PAFIM des musées à vocation scientifique, reconnus et non soutenus, représentent une menace sérieuse pour la perte de l’esprit de réseau, peut-être même d’une polarisation accentuée entre les membres de la SMQ. Une telle dissemblance dans la voix des musées, compte tenu de la diversité de leurs attentes et de leurs besoins respectifs, fragilise le réseau et sa capacité à se prononcer au nom d’un « Nous » inclusif, comme la SMQ l’a toujours défendu jusqu’à présent.

Par ailleurs, les enjeux suivants demeurent toujours d’actualité :

  • Des ressources humaines, essoufflées et démobilisées, compte tenu de la nature temporaire et instable de nombreux emplois ainsi que de conditions de travail inéquitables, notamment dans les régions éloignées des centres urbains,
  • Des technologies numériques omniprésentes qui transforment en profondeur les pratiques et pour lesquelles certains se sentent démunis (en termes de moyens financiers, de compétences, etc.),
  • Des collections et des recherches muséales en péril, car très difficiles à financer, comme tous les aspects liés à la gestion des collections.

D’autre part, parmi les principales opportunités dont la SMQ pourrait profiter, les membres ont souligné au premier chef la nouvelle politique culturelle du gouvernement du Québec. Toutefois, la SMQ doit s’assurer qu’elle favorise la reconnaissance de la valeur et des retombées des musées tout comme la création de nouveaux programmes de financement. Dans la même veine, la révision du processus et des critères de l’agrément des institutions muséales a été invoquée comme une occasion pour la SMQ d’exiger la contribution des pairs dans le processus d’évaluation ainsi que la révision conséquente du PAFIM et des autres programmes de financement.

Malgré une fragmentation potentielle du réseau, les membres présents ont réaffirmé leur volonté de travailler ensemble, de réaliser des projets communs dans un esprit de partage de compétences et de ressources. Ils ont également manifesté leur intérêt à se mobiliser pour trouver les moyens d’y arriver. Ils ont rappelé la capacité des institutions muséales à contribuer à différents enjeux sociaux (cohésion sociale, développement durable, expertise patrimoniale, etc.) tout comme celle d’exploiter le potentiel des technologies numériques pour valoriser des connaissances, des patrimoines, etc.

Enfin, il ne faut pas oublier le changement au gouvernement fédéral qui montre une certaine ouverture à la culture et aux institutions muséales ainsi que l’injection d’argent pour le financement des infrastructures culturelles. En outre, le retour à l’équilibre budgétaire du gouvernement du Québec devrait permettre de réclamer des réinvestissements en muséologie.

Prochaines étapes

Le conseil d’administration de la SMQ prend acte des éléments discutés et des points de vue partagés lors de ces rencontres animées de main de maître par Claude Benoit. De plus, ces constats guident l’ensemble des actions qu’il mène présentement, notamment celles auprès du Ministère. Partant d’une analyse fine des recommandations exprimées par les membres de la SMQ, le CA compte travailler à l’élaboration d’une planification stratégique sur 3 ans. Il va de soi que ce plan devra répondre aux besoins formulés par le milieu, mais aussi définir les orientations de la SMQ au moment où, à l’instar de ses membres, elle subit les contrecoups du sous-financement généralisé dans le milieu culturel. Le fruit des travaux du CA sera présenté aux membres et fera l’objet d’échanges dans le cadre du congrès de la SMQ qui se tiendra du 26 au 28 septembre prochain à Montréal.

C’est donc un rendez-vous à inscrire à l’agenda dès maintenant !  

    

En terminant, la SMQ remercie tous ceux qui ont contribué à cet exercice stimulant, tout particulièrement, les musées et leur personnel qui ont généreusement accueilli ses membres, soit le Musée des religions du monde, le Centre d’histoire de Montréal, le Musée canadien de l’histoire, le Centre d’interprétation historique de Ste-Foy et le Musée régional de Rimouski.

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