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Les collections muséales au Québec par Laurier Lacroix

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Classer/conserver : une solution/un problème

L'objet de collection ne se laisse pas facilement saisir. Son importance est liée à plusieurs facteurs, soit par ce qu'il est de manière intrinsèque, soit par les usages auxquels il s'est prêté avant d'être défini comme objet de collection. Il est donc difficile à catégoriser, car il est apprécié pour différentes raisons et sa conservation pose des problèmes qui lui sont particuliers étant donné sa nature, son mode de fabrication et sa condition.

Réserve des arts graphiques et de la photographie,
Musée du Québec. Photo : Denis Legendre, avril 2002.

Réunir des objets de collection, toujours en quantité de plus en plus grande, pose le problème majeur de leur organisation. L'inventaire, la recherche, la consultation et la conservation, qui sont des activités distinctes, exigent des méthodes, des normes et des critères de rangement et de classification non équivalents. L'accès physique et l'accès intellectuel commandent des façons quelquefois opposées de les répertorier. Faut-il, par exemple, réunir les objets de même culture au détriment des particularités de conservation des divers matériaux : bois, métal, tissu ?

Les sciences naturelles disposent depuis le 18e siècle de taxonomies pour classer les écofacts. D'autre part, plusieurs systèmes ont été mis en place dans le passé pour regrouper les artefacts, faisant ainsi ressortir tel ou tel aspect : la culture ou le lieu d'origine, la période ou la date de fabrication, les matériaux, le style, le mode de fabrication, la technique ou les caractéristiques physiques. On utilise maintenant un système basé sur la fonction initiale de l'objet, ce qui permet de regrouper l'ensemble de la production humaine à partir de ce qui la différencie le mieux avant son entrée au musée (GENEST 1994). Une fois résolus les nombreux problèmes de terminologie, l'informatique règle en partie le problème de l'accessibilité intellectuelle en permettant de mieux croiser l'information relative à la classification et ainsi de la rendre davantage accessible aux personnes en cause.

Réserve des sculptures organiques, Musée du Québec. 
Photo : Denis Legendre, avril 2002 .

L'ordre et la complexité des systèmes de classification sont liés à la nature de l'interprétation qui sera proposée par le lieu où la pièce est conservée et cataloguée. Ainsi, la même photographie peut se retrouver dans un centre d'archives, un musée d'histoire ou un musée d'art. Chaque fois elle aura un statut différent : document archivistique, artefact historique ou objet de contemplation esthétique. Pourtant, il s'agit toujours du même objet perçu différemment selon le type de lecture qu'en fait l'institution qui la détient. La fonction du centre d'archives est d'abord de conserver la pièce et de la rendre accessible pour la recherche; le musée a de plus le devoir de l'interpréter et de la diffuser, principalement par le biais de l'exposition. Le musée ne collectionne pas uniquement pour conserver, mais aussi pour partager, avec le public le plus vaste possible, les significations dont les objets sont porteurs.

 

 

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