Observatoire des musées
Musées à découvrir
Répertoire 
  des musées
Calendrier
  des activités
Circuits
  thématiques
Les collections
  s'animent!
Réserve
  virtuelle
Zone
  scolaire
 

Les collections muséales au Québec par Laurier Lacroix

Version PDF

 

Historique des collections

17e et 18e siècle : collectionner pour l'Europe

Pendant le régime colonial, et avant le 19e siècle, les objets de collection recueillis au Québec sont principalement destinés à la France, puis à l'Angleterre, où ils s'intègrent à des ensembles plus vastes d'objets de curiosités ou de collections d'études.

Le caractère nomade des peuples autochtones qui ont habité le territoire de la Nouvelle-France, avant l'arrivée des colons français, ne semble pas avoir favorisé le développement de collections au sens où nous l'entendons. Des biens liés à certains cultes ou cérémonies, des objets fonctionnels étaient conservés, mais ceux-ci maintenaient toujours leur valeur d'usage. L'importance de la tradition orale et de la transmission des savoir-faire suppléait à la sauvegarde des objets-témoins de ces groupes culturels.

L'esprit de la collection qui se développe en Europe depuis la Renaissance est soutenu à la fois par des enjeux politique, financier, scientifique et intellectuel. Les savants qui constituent la catégorie principale de collectionneurs collaborent avec les chefs politiques et les dirigeants économiques pour développer des collections qui apportent connaissances et prestige à leur propriétaire.

L'esprit de curiosité et la formation scientifique de certains Français qui ont émigré ou voyagé en Nouvelle-France les amènent à collectionner des spécimens ou des objets propres à cette partie du continent nord-américain. Ces savants s'intéressent à la botanique (Jacques Cornut publie, en 1635, Canadensium plantarum… historia; Michel Sarrazin est correspondant de l'Académie royale des sciences; le père Charlevoix, s.j., publie un guide de la flore canadienne en 1744) (MATHIEU 1998), à la zoologie, à la minéralogie dont ils recueillent les spécimens pour les étudier et pour garnir les cabinets royaux de France (le Jardin royal des plantes, la Ménagerie du roi, l'Académie royale des sciences). Ces activités sont soutenues par l'administration (en particulier les intendants Bégon, Dupuy et Hocquart) qui espère des retombées économiques de l'exploitation des ressources naturelles locales (ROY 1930).

Artiste inconnu, La Salle des femmes, vers 1710, huile sur toile,
Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1986.X.194.

D'autres observateurs (les Jésuites, par exemple, dans leurs Relations annuelles) s'intéressent aux mœurs des Amérindiens dont ils notent le mode de vie. Des artefacts autochtones sont collectionnés et envoyés dans les cabinets et les bibliothèques de France. Là, la connaissance de la colonie canadienne est certes due aux témoignages de voyageurs et aux récits qui sont publiés, aux rapports transmis par les administrateurs, mais elle repose également sur l'étude des collections qui s'accumulent dans les cabinets royaux et savants.

Si la création de certaines collections est documentée en Nouvelle-France, grâce à des hauts fonctionnaires, à des militaires, à des professeurs ou à des savants, celles-ci semblent avoir un usage privé et non public et, de ce fait, elles n'entrent pas dans le cadre de cette brève présentation. Plusieurs artefacts (objets utilitaires et œuvres d'art) importés, produits et utilisés sous le Régime français ont été conservés et ont servi de base aux collections historiques qui ont vu le jour par la suite.

La Conquête dirigera vers un autre pays les collectes de spécimens et d'objets recueillis au Canada. En Angleterre, l'intérêt pour les curiosités de la nouvelle colonie se développe dans les universités et les sociétés scientifiques. Deux facteurs, cependant, modifient la tendance précédente. La diffusion, à la fin du 18e siècle, de la taxonomie de la flore et de la faune de Linnée accorde un nouvel essor aux sciences naturelles. Cette façon d'accéder de manière plus systématique à la nature, bientôt couplée avec la " démocratisation " qu'offrent les avancées technologiques dans l'imprimerie et les progrès réalisés dans les modes de transport aura pour effet d'étendre le réservoir de collectionneurs-chercheurs et de leur collection.

 

 

page précédente page suivante


Télé-Québec
www.musees.qc.ca © Société des musées québécois
Facebook Twitter
SMQ