| |  | Historique
des collections19e siècle Avant 1870 : le musée éphémèreEn
Occident, le musée se généralise au 19e siècle; au
Québec, l'on voit apparaître les premières collections à
caractère public dès la fin des années 1820. Alors que certains
ensembles ont surtout pour but de divertir la population en montrant des objets
rares et curieux, des sociétés scientifiques cherchent à
nourrir la curiosité de leurs membres. La montée du capitalisme
et les progrès de l'industrialisation et de l'urbanisation sont des facteurs
qui sous-tendent la multiplication des musées ainsi que l'accessibilité
aux collections pour des classes et des groupes sociaux qui n'avaient pu en profiter
auparavant. Les années 1820 marquent la formation et l'ouverture
des premières collections " publiques " au Bas-Canada. Ces ensembles
se développent, comme l'indique l'historien Hervé Gagnon, sous le
signe du divertissement et de l'instruction (GAGNON 1999). Le nombre d'habitants
justifie la création de musées réunissant des curiosités,
tel le Museo Italiano (1824-1847) de Thomas Delvecchio (1758-1826), de même
que des institutions à caractère scientifique, telles les collections
établies par la Natural History Society of Montreal (1827-1935) rattachée
à l'Université McGill (CATALOGUE 1846). À Québec,
le musée de sciences naturelles de Pierre Chasseur (1783-1842) mis sur
pied en 1824 est acheté en 1836 par le gouvernement. En 1841, l'État
le confie à la Quebec Literary and Historical Society qui l'intègre
à ses propres collections développées depuis la fin des années
1830. Cet ensemble subira le sort de nombreuses autres collections détruites
par accident : il sera incendié en grande partie avec le Parlement en 1854
(LEMOINE 1878).
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Cette roche grenue ou gabbro
(Québec, Canada) est le 59e échantillon d'une collection
de roches et de minéraux constituée par la Commission
géologique du Canada en 1966. Musée minéralogique
et minier de Thetford Mines, MMMRA1976.118.7. |
| Cette roche appelée
diabase est le 62e échantillon d'une collection de roches et
de minéraux constituée par la Commission géologique
du Canada en 1966. Musée minéralogique et minier de
Thetford Mines, MMMRA1976.118.12. |
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En 1842, la mise
sur pied de la Commission géologique du Canada (Geological Survey of Canada)
propose de dresser l'inventaire de toutes les ressources minéralogiques
du pays. Ce vaste travail de prospection, dont le mandat s'est modifié
à plusieurs reprises et dont le territoire s'agrandit avec l'expansion
du Canada, se poursuit encore de nos jours. Les locaux de la Commission sont situés
à Montréal jusqu'en 1880. Le développement d'une capitale
canadienne exige que les institutions nationales se retrouvent dans la nouvelle
ville. En 1844, son premier et influent directeur, William E. Logan (1798-1875),
commence ses travaux par le relevé topographique de la Gaspésie.
Le mandat de la Commission s'étend à l'histoire naturelle jusqu'en
1889 et comprend, à partir de 1877, la botanique, la zoologie, l'archéologie
et l'ethnographie. La Commission présente des pièces aux Expositions
universelles de Londres, en 1851, et de Paris, en 1855. Sa collection devient
également accessible au public (SHEETS-PYENSON 1988). Trois musées
nationaux du Canada découlent de cette institution : le Musée national
des sciences naturelles, le Musée canadien des civilisations et le Musée
national des sciences et de la technologie.
D'autres acteurs commencent à miser sur le potentiel éducatif
et économique du musée. Ainsi à partir de 1854, l'Institut
canadien de Montréal développe parallèlement à
sa bibliothèque une collection de spécimens de sciences
naturelles - par exemple, des essences de bois utiles à l'industrie
- et d'objets d'art. De la même façon, le Conseil des arts
et manufactures de Montréal inaugure, en 1860, un petit musée
dans ses locaux du Mechanics' Institute. C'est également dans un
but pédagogique que le peintre Joseph Légaré (1795-1855),
de Québec, accumule des tableaux et des gravures dès le
début des années 1820. Il expose d'abord sa collection à
l'hôtel Union où se réunit la Quebec Literary and
Historical Society. Les années 1830 voient la création de
la Galerie de peintures de Québec (1833, 1838), établissement
précaire auquel Légaré donne une nouvelle fondation
en 1852 en construisant un bâtiment spécialement conçu
pour recevoir sa collection. Il publie à cette occasion le catalogue
de sa collection (PORTER, PRIOUL 1991). Le projet de créer un musée
national d'art, formulé en 1845 et en 1848, qui serait le pendant
de celui de sciences naturelles, ne se réalise cependant pas (PORTER
1977).
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