| |  | Historique
des collections20e siècle 1920-1960 : les collections se diversifientAu
mouvement muséologique précédent axé sur le musée
scolaire succède un élargissement des types de collections accessibles
au public. De nombreuses initiatives montrent comment le musée joue un
rôle important dans l'affirmation nationale. Il faut attendre la décennie
1920 pour voir un engagement du gouvernement de la province de Québec dans
le secteur des musées. En 1922, le Parlement adopte la Loi concernant les
musées de la province, texte administratif court et sibyllin en ce qui
a trait au rôle et au mandat que l'on entend confier aux musées provinciaux.
" Il est loisible au lieutenant-gouverneur en conseil d'établir, dans
les cités de Québec et de Montréal, des musées pour
servir à l'étude de l'histoire, des sciences et des beaux-arts.
" Cette loi conduit en 1933 à l'inauguration du Musée de la
Province de Québec (aujourd'hui Musée du Québec), qui réunit
sous le même toit les archives judiciaires, des collections de sciences
naturelles et un musée d'art. L'achat de plusieurs dizaines d'uvres
de Horatio Walker (1858-1938), Suzor-Coté (1869-1937) et Alfred Laliberté
(1878-1953) constitue le noyau initial de la première collection d'art
national qui se développe dès 1920.
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French Regime Room, McCord national Museum,
Joseph House, Montreal, QC, vers 1927. Photo : Archives
photographiques Notman, Musée McCord d'histoire canadienne,
Montréal, Mp-0000.181.1.1. |
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C'est en 1922 qu'est inauguré le McCord Museum, qui résulte
de la donation en 1919 de la collection de David Ross McCord (1844-1930)
à l'Université McGill (MILLER 1992). Ce musée, qui
se concentre sur l'histoire et la vie sociale des Montréalais,
s'est enrichi en 1956 de plus de 450 000 négatifs et photographies
de la firme de photographes William Notman and Sons, fournissant ainsi
un témoignage exceptionnel sur la vie sociale de Montréal
et du Canada.
Les années
1930 voient également la reconnaissance des collections des communautés
religieuses. Les communautés de Québec - les Ursulines et les Augustines
Hospitalières de l'Hôtel-Dieu et de l'Hôpital Général
sont particulièrement actives dans ce domaine en rendant publics, par le
biais d'expositions, les trésors qu'elles accumulent depuis trois siècles.
Ce n'est que quelques décennies plus tard que des salles permanentes sont
consacrées à ces collections auxquelles on reconnaît de plus
en plus d'importance dans le patrimoine collectif des Québécois.
De la même façon, le Musée de l'église Notre-Dame de
Montréal, sous l'égide des Sulpiciens, s'ouvre en 1937. Quelques
institutions qui atteindront un vaste rayonnement sont mises en place en 1931.
C'est à cette date que sont inaugurés le Jardin botanique de Montréal,
puis le Jardin zoologique de Québec. Dans l'esprit du frère Marie-Victorin
(1885-1944), fondateur du Jardin botanique, la connaissance scientifique de notre
environnement et la création d'institutions comme celles-ci constituent
les fondements de l'édifice national (GINGRAS 1996). L'observation et l'étude
de plantes et d'animaux vivants réunis et présentés de façon
systématique deviennent accessibles au grand public. Les cabinets antérieurs
présentaient des spécimens naturalisés à des publics
spécialisés, et les nombreux jardins privés élaborés
au 19e siècle n'offraient pas toutes les ressources scientifiques du Jardin
botanique. C'est au cours de cette période que commencent à
se développer les collections d'entreprises, dont certaines prennent la
forme d'un musée ou d'un espace public. La collection historique de Bell
Canada est mise sur pied en 1928. La Canada Steamship Lines collectionne des uvres
d'art et des artefacts maritimes se rapportant à ses activités.
Ces ensembles, liés à l'industrie, ouvrent le champ au secteur des
sciences et des technologies, qui est encore à découvert au Québec.
La même compagnie monte la collection W.H. Coverdale d'images (2 500), de
meubles et d'objets domestiques du Québec et du Canada ancien qui est exposée
au Manoir Richelieu, à La Malbaie, à partir de la fin des années
1920. Lors de son démantèlement, en 1970, cette collection trouve
en partie refuge au Musée du Québec (maintenant au Musée
de la civilisation) et aux Archives nationales du Canada. | |