Observatoire des musées
Musées à découvrir
Répertoire 
  des musées
Calendrier
  des activités
Circuits
  thématiques
Les collections
  s'animent!
Réserve
  virtuelle
Zone
  scolaire
 

Les collections muséales au Québec par Laurier Lacroix

Version PDF

 

Historique des collections

20e siècle
1980-2000 : une nouvelle vague de muséomanie

Un effet d'entraînement sans précédent a amené la création ou la consolidation de musées au Québec au cours des 20 dernières années. Cet enrichissement collectif permet un déploiement inégalé des collections et un engagement renouvelé face à la nécessité de collectionner.

Les 20 dernières années ont été l'occasion d'une nouvelle effervescence dans le milieu des musées et des collections. La multiplication des musées et leur diversité ont permis une réflexion sur le rôle socioéducatif du musée, un examen de ses fonctions, y compris celle de collectionner. Alors que rien ne semble résister à la muséomanie, l'on devient plus respectueux du lieu de prélèvement du spécimen et du site d'origine.

L'influence de la pensée écologique est maintenant bien présente et l'on tend à aborder le collectionnement selon des principes plus globaux et systémiques. L'on remarque de nouvelles façons de traiter les collections vivantes (le Biodôme et la Biosphère), de collectionner en relation avec un territoire donné (les écomusées) et l'on s'intéresse à la conservation tant des objets que des usages et des significations de ces artefacts (les centres d'interprétation, les économusées) (SIMARD 1989). Des musées s'articulent autour de certaines notions ou de concepts où l'" objet de collection " échappe au cadre physique du musée. La Biosphère, par exemple, consacrée à l'élément naturel qu'est l'eau, développe des savoirs et des programmes autour d'une donnée bien matérielle, mais qu'elle ne prétend pas collectionner au sens premier du terme.

Histoire d'amour et d'éprouvettes, exposition présentée du 10 juin au 6 décembre 1992 au Musée de la civilisation. Photo : Pierre Soulard.

Signe du dynamisme de la communauté, de son expertise et du rôle socioculturel que joue le musée dans la société, un grand nombre de musées ont été construits ou agrandis. Les nouveaux musées que sont le Musée de la civilisation, le Musée d'art contemporain de Montréal, Pointe-à-Callière, le Musée des arts et traditions populaires du Québec (renommé Musée québécois de culture populaire), le Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal, le Centre canadien d'architecture, le Musée de Charlevoix, le Musée de Mashteuiatsh, le Centre d'interprétation Archéo Topo et la Pulperie de Chicoutimi, pour n'en nommer que quelques-uns, de même que les musées entièrement rénovés, tels que le Musée du Québec, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée McCord d'histoire canadienne, permettent ainsi de développer de nouveaux secteurs de collections et de mieux présenter les collections déjà existantes.

De nombreux musées spécialisés sont également apparus qui portent sur la spécificité d'une région, d'un type d'artefact, d'un domaine de connaissances ou d'une activité humaine. Par leur champ de collectionnement, la Maison du Granit, le Musée de Kamouraska, le Parc de Miguasha, l'Insectarium de Montréal, le Parc archéologique de la Pointe-du-Buisson, le Moulin à laine d'Ulverton, par exemple, ont enrichi d'une nouvelle façon le patrimoine collectif. Cette tendance n'est d'ailleurs pas terminée, même si plusieurs voix laissent entendre que la capacité collective de collectionner a atteint une limite. De nombreux projets de musées sont encore en chantier, dont certains peut-être verront le jour dans la foulée du développement d'une société de loisirs où le tourisme culturel est à la hausse.

Parallèlement à cette croissance, l'on remarque un autre phénomène, toujours présent dans l'histoire des musées au Québec, celui du transfert des collections. C'est ainsi que le Musée de la civilisation a accueilli depuis son ouverture, en 1984, le Musée chinois des Jésuites, le Musée de l'Amérique française (l'ancien Musée du Séminaire de Québec) et le Musée historique canadien (le Musée de cire). De même, le Musée des beaux-arts de Montréal, qui a physiquement abrité les collections du Musée des Arts décoratifs, s'en est vu céder la propriété en 2001. Ce phénomène de consolidation semble correspondre à celui de la multiplication des musées, du besoin de créer des institutions de tailles différentes de façon à offrir des services adaptés tant aux collections qu'aux besoins du public.

 

page précédente page suivante

 

Télé-Québec
www.musees.qc.ca © Société des musées québécois
SMQ