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Le congrès 2004 de la SMQ |
Première séance - L'environnement des
institutions muséales
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Yvan Gauthier, président-directeur général
du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ)
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L’institution muséale évoluant en interaction constante avec son environnement, il est important de bien comprendre cet environnement et d’en saisir les divers enjeux.
Issus d’univers différents, les trois premiers conférenciers
étaient invités à partager leur réflexion concernant
la perception de ceux et de celles qui marquent notre environnement que ce soit
d’un point de vue politique, social, économique ou culturel. Après
leur présentation en plénière, les conférenciers
ont poursuivi la discussion alimentée par les réactions des participants
réunis en ateliers de travail concomitants.
Le
milieu culturel
Pour répondre à la demande de la SMQ, soit de parler de sa perception
des institutions muséales à titre d’ami des musées
et non de PDG du CALQ, Yvan Gauthier a décidé de demander à
plusieurs intervenants du milieu culturel de lui transmettre leur perception
des institutions muséales et par là, appuyer sa présentation
qu’il a qualifiée de dialogue entre la «foi muséale»
et le «dogme de l’éphémère». Entre les
deux perceptions extrêmes que sont la foi muséale et le dogme de
l’éphémère, quelques constats se démarquent
des témoignages recueillis. Ainsi, le musée apparaît pour
les travailleurs culturels consultés comme un phare dans leur vie. Son
rôle de passe-temps privilégié et son originalité
permettent une ouverture sur le monde très appréciée. Alors
que parmi les faiblesses mentionnées ressortent largement les interrogations
des artistes sur le sens du musée car plusieurs s’en sentent exclus.
Pour certains l’événement précède l’œuvre
réservant du coup une exclusivité aux «grands» artistes,
artefacts, phénomènes… De plus, le sens du musée
et l’expérience qu’il propose sont parfois noyés dans
la quête du divertissement (entertainment) et de l’animation à
tout prix.
Au cours de la rencontre animée par Marie-Agnès Benoit, directeur
adjoint des services à la collection du Centre canadien d’architecture,
M. Gauthier est revenu sur le sentiment de frustration vécue par certains
artistes car ils ne se sentent pas bien représentés dans les musées
notamment dans le domaine des arts médiatiques. Une certaine dualité
semble donc coexister : d’une part, le préjugé associant
le musée à un espace fermé voire sacralisé persiste
et, d’autre part, le sentiment que le musée vit une appropriation
progressive par la population commence à faire son chemin. En somme,
beaucoup de travail reste à faire dans la communauté pour que
les musées soient appréciés dans toute leur diversité.
Il n’en demeure pas moins que les assises sont solides. À nous
de poursuivre la construction!
L'univers
politique
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| Suzanne Tremblay, Ex-députée
du comté de Rimouski-Neigette-et-la-Mitis et François Cinq-Mars,
directeur du Musée minéralogique et minier de Tetford Mines
en atelier |
D’entrée de jeu, la conférence de Mme Tremblay nous situait
dans l’univers d’une politicienne aguerrie dont les implications
sociales sont multiples mais pour qui, le monde des musées s’avérait
complètement nouveau… C’était donc un coup d’œil
extérieur au milieu de la muséologie s’appuyant sur une
perception très concrète et des expériences personnelles.
Le politique joue un rôle déterminant dans le milieu muséal
par le soutien qu’il apporte.
Toutefois, les institutions muséales appartiennent à une des facettes
de la culture qui est peut-être la moins connue de la population. Peut-être
aussi, selon Mme Tremblay, qu’il s’agit de celle qu’on sacrifie
en premier quand le gouvernement doit faire des coupures budgétaires?
L’avenir des musées passe par une adaptation aux nouvelles réalités
sociétales comme, entre autres, les personnes vieillissantes. Les musées
doivent composer avec un public de personnes pressées et très
sollicitées ayant des budgets familiaux limités. Par ailleurs,
les nouvelles technologies doivent inévitablement être intégrées
dans l’offre muséale pour rivaliser avec les activités de
loisir destinées aux jeunes. Selon elle, l’offre muséale
est à revoir d’une part en fonction des nouvelles clientèles
et d’autre part, beaucoup de lobbying reste encore à faire du côté
des acteurs politiques; Mme Tremblay qualifie d’ailleurs la politique
de game de pocker. «Si on s’assoit à la table, dit-elle,
il faut respecter les règles du jeu, sinon on se retire»
Selon Mme Tremblay, le monde muséal n’est pas bien perçu
du politique. Dans toutes ses années de politique, personne n’est
jamais venu lui parler d’un musée. Elle compare notre univers avec
celui des agriculteurs qui sont toujours visibles à la fois dans leur
comté et à Ottawa. Il y a aussi des journées de pression
organisées pour une cause ou une autre, mais jamais pour les musées.
Ces derniers auraient tout avantage à entreprendre une campagne de visibilité,
par exemple en invitant les députés à un 5 à 7.
La
citoyenneté muséale
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| Me Maurice Forget, cabinet Fasken
Martineau DuMoulin et président du Conseil des arts de Montréal |
C’est avec beaucoup d’humour que Me Maurice Forget nous a livré ses réflexions sous le thème de la «citoyenneté muséale». Se présentant lui-même comme un grand consommateur muséal, collectionneur et amateur d’art contemporain, gestionnaire et avocat, il connaît les musées aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Il parle de leur rôle d’être à la fois dans la communauté et de la communauté. M. Forget n’a pas manqué l’occasion de souligner le dynamisme du réseau muséal québécois tout en spécifiant qu’il faut aussi en assurer la pérennité. En effet, il perdure une perception sociale voulant que les musées soient détachés du quotidien et qu’ils soient en attente d’une appropriation par la communauté. Ses expériences d’administrateur, notamment dans plusieurs organismes culturels, ont teinté l’ensemble de ses interventions et les questions ont continué en ce sens lors de la rencontre qui a suivi; une rencontre animée par Monique Gauthier, secrétaire générale du Musée d’art contemporain de Montréal. À la question «qu’est-ce qu’un bon conseil d’administration?», M. Forget répond qu’il est composé de personnes qui comprennent bien leur rôle et qui l’exercent bien tout en s’assurant que l’institution accomplit sa mission. À la question «qu’est-ce qui attire les gens d’affaires dans les musées?», la réponse est sans équivoque, le défi ou challenge de mettre à profit ses connaissances et de recevoir un mandat stimulant. Si le leadership est une qualité importante pour les membres d’un CA, il n’en demeure pas moins important de trouver un équilibre entre les têtes d’affiche du milieu des affaires et des personnes sensibles à la cause du musée. L’idéal demeure un conseil d’administration varié représentant les forces vives de la communauté. Pour lui, les musées devraient faire plus d’actions de visibilité grand public pour amasser des fonds (il donne l’exemple d’un marathon des musées).
| Société des musées québécois | www.smq.qc.ca | Dernière mise à jour : le 6 janvier 2012 |