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La Société des musées québécois a demandé à quatre collaborateurs de l'Observatoire de couvrir les rencontres de consultation sur la politique muséale organisées par la ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Sommaire

 

retour 9 décembre 1999, rencontre de Matane

La rencontre a réuni au Cégep de Matane près de 25 professionnels et membres de conseils d'administration d'institutions muséales de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, en plus de représentants des Conseils de la culture des deux régions et de représentants du MCCQ provenant des deux régions et de la direction générale.

Plusieurs points ont été débattus. Les commentaires généraux touchaient la difficulté pour plusieurs intervenants de retrouver la dynamique des régions dans la politique. De plus, les gens ont constaté que la consolidation du réseau muséal était exclue du libellé de la politique. Quant aux collections, elles ont été traitées de manière succincte. Sur le plan des ressources humaines, plusieurs points ont été discutés, touchant notamment le besoin criant de formation accessible par des aides financières, l'isolement et le fait qu'il faut faire plus que stabiliser le personnel des musées : il faut d'abord arrêter la décroissance.

Quant à la possibilité de nouvelles accréditations, la politique est muette à ce sujet et le milieu attend, entre autres, de la politique muséale qu'elle soit l'occasion d'une aide financière accrue des musées afin de voir de nouvelles institutions accréditées. Selon la politique muséale, le plan triennal pourrait être accessible à certaines institutions, pourtant le financement triennal a été promis par la ministre et les membres souhaitent son application dès l'adoption de la politique.

Enfin, un grande inquiétude existe également dans la volonté de soutenir des projets qui rencontrent les orientations développées dans la politique muséale. Pour plusieurs, l'aide au fonctionnement est essentielle, elle doit croître et si certains le jugent nécessaire, il pourrait y avoir certaines aides au projet. Mais l'urgence est surtout dans une aide au fonctionnement appropriée. Pour chaque orientation, plusieurs points ont été discutés afin de proposer des correctifs.

De manière générale, certains ont noté le ton parfois péjoratif de certaines phrases du document de consultation : les membres souhaitent que des corrections soient apportées afin de donner un portrait plus fidèle d'une communauté muséale somme toute très performante et ralentie dans ses moyens par le manque flagrant de financement.

Carl Johnson, Musée régional de Rimouski - 13 décembre1999

 

 

retour 13 décembre 1999, rencontre de Québec

Environ 50 personnes se sont réunies au Musée de la civilisation. Trois organismes sont venus déposer un mémoire :

Après présentation des mémoires, plusieurs représentants d'institutions muséales des régions de Québec, du Saguenay - Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et du Nunavut, ainsi que des représentants du Centre de conservation du Québec, sont venus dire leur opinion sur différents aspects du document.

Dans l'ensemble, le document ne suscite pas la controverse. Comme plusieurs l'ont dit : "personne n'est contre la vertu". Cependant, tous s'interrogent sur les moyens de mise en oeuvre de la politique muséale. Les gens ont témoigné de l'essoufflement du milieu et du manque de ressources. Les attentes sont grandes envers le ministère de la Culture et la politique muséale pour trouver une solution aux problèmes budgétaire et de financement. Enfin, certains ont souligné la difficulté, dans l'état actuel des ressources, de mettre le "cap sur le monde" comme le propose le document.

Certains groupes ont aussi fait connaître leurs préoccupations spécifiques. Les musées autochtones veulent que leur spécificité soit reconnue, étant donné le type de collections et l'éloignement qui les caractérisent. Le fait que le document ne tienne pas assez compte des problèmes de préservation, de conservation et d'acquisition des collections a aussi été souligné à plusieurs reprises.

Marie-Dominic Labelle, Centre d'interprétation de la vie ubaine de la Ville de Québec, Observatoire de la capitale et Îlot des Palais (Québec) - 14 décembre 1999

 

 

retour 14 décembre 1999, rencontre de Montréal

Une centaine de personnes étaient réunies dans l'auditorium du Centre Canadien d'Architecture. Outre l'animateur, monsieur Denis Jean, des représentants de la Direction des politiques et des programmes du MCCQ s'étaient déplacés pour entendre les interventions, notamment monsieur Gérald Grandmont, Directeur par intérim de la Planification, des politiques et des programmes.

La première partie de la rencontre a permis à dix organismes ou individus de présenter leurs mémoires, soit :

De façon générale, les intervenants ont affirmé l'importance qu'ils accordent à l'adoption d'une politique muséale québécoise et manifesté leur appui aux orientations générales du projet. Toutefois, plusieurs mémoires ont souligné le caractère vital des activités de développement des collections, de conservation et de recherche pour assurer les objectifs de diffusion inscrits dans la politique. Puisque la préservation du patrimoine présente un caractère tout aussi fondamental que sa diffusion, ils ont demandé que cette dimension soit mieux intégrée dans le document final et fasse l'objet d'une orientation spécifique et prioritaire. On a également signalé à plusieurs reprises les conséquences néfastes du sous-financement chronique des institutions muséales québécoises.

Des recommandations plus spécifiques ont été formulées par les intervenants :

La deuxième moitié de la rencontre a permis de recueillir les commentaires, généraux et spécifiques, des participants. Plus d'une vingtaine d'interventions ont permis soit d'appuyer et d'illustrer le contenu des mémoires présentés en première partie, soit de formuler de nouvelles observations ou encore de questionner les principes directeurs qui ont mené à la préparation de la politique. Selon les intervenants, la politique muséale du MCCQ devrait reconnaître :

Ayant plus tôt précisé qu'il était impossible pour l'instant de prévoir l'ampleur de l'enveloppe budgétaire dont disposera le MCCQ pour accroître le financement des institutions muséales et accorder l'accréditation à un plus grand nombre d'organismes (les crédits étant votés en avril), monsieur Grandmont a déclaré en conclusion que le nombre des priorités formulées par le milieu muséal amènera probablement le ministère à "prioriser parmi les priorités".

Il a par ailleurs précisé que les raccordements utiles entre politique du patrimoine et politique muséale seront faits, que la Table permanente MCCQ/MEQ est toujours active et que les contraintes imposées par la structure budgétaire gouvernementale rendaient difficiles un assouplissement des modalités d'allocation des subventions (passage d'une fréquence annuelle à une fréquence triennale, accélération des versements, etc.). Enfin, la date prévue pour la mise en vigueur de la nouvelle politique muséale par le ministère est toujours fixée au 1er avril 2000.

Danielle Léger, Société des musées québécois - 15 décembre 1999

 

 

retour 16 décembre 1999, rencontre de Rouyn-Noranda

La rencontre s'est tenue dans la salle du conseil de ville de Rouyn-Noranda. Une trentaine de personnes ont participé à celle-ci. Les participants présents étaient membres des deux réseaux régionaux, soit le Regroupement des sites et monuments historiques de l'Abitibi-Témiscamingue (RSMHAT) et l'Association des centres d'expositions de l'Abitibi-Témiscamingue (ACEAT). Notons aussi la présence d'élus municipaux des villes de Val d'Or et d'Amos et du directeur du Service aux citoyens de la ville de Rouyn-Noranda. Évidemment, la direction régionale Abitibi-Témiscamingue/Nord du Québec du ministère de la Culture et des Communications était représentée par la directrice régionale et plusieurs des agents sectoriels. La première moitié du temps allouée fut consacrée aux commentaires généraux et la seconde au points particuliers.

Évidemment, le sous-financement des institutions muséales fut souligné avec insistance. La problématique des régions fut aussi largement soulevée, ce qui a fait dire aux fonctionnaires présents qu'il existait beaucoup de similitudes entre le vécu des professionnels de l'Abitibi-Témiscamingue et de ceux de l'Est du Québec.

Parmi les problèmes soulevés, mentionnons, l'épuisement du personnel condamné à l'efficience à tout prix, la carence dans les services professionnels et spécialisés, les incohérences du ministère, entre autres en regard des récents événements liés au Centre de conservation du Québec. La nécessité de poursuivre et de consolider les technologies de pointe (NTIC) où le Québec assure un leadership dans la francophonie.

La problématique des nouvelles accréditations, l'absence de référence à la muséologie industrielle ainsi que la quasi absence de références aux muséologies scientifiques et autochtones ont aussi fait les frais de commentaires et de suggestions qui, nous le souhaitons, furent appréciés.

Marc Côté, Archéo-08 (Rouyn-Noranda) - 17 décembre 1999

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