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Un musée virtuel original dédié à un grand mythe allemand |
La
légende des Nibelungen
Selon la Chanson ou Lied des Nibelungen, un grand trésor repose sous
la ville de Worms. C'est un Anneau d'or, source inépuisable d'or, d'amour
et de joie pour ses détenteurs, tant qu'ils n'en font pas usage pour
leur propre pouvoir. Quel est donc ce trésor que les dieux et les hommes
se disputent jusqu'à la mort ?
La légende germanique du XIIe siècle est une oeuvre édifiante qui a inspiré plusieurs auteurs au fil des ans. Elle fut remaniée par Richard Wagner dans sa tétralogie dramatique : L'Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et le Crépuscule des Dieux connu aussi sous le nom de L'Anneau du Nibelung. Sous les Nazis d'Hitler, elle devint une grande épopée propagandiste arienne.
Un
parcours en 4 actes
Dès le départ, l'auteur anonyme du Lied des Nibelungen se présente
dans le casque d'écoute du visiteur et le convie à un étrange
voyage à travers l'histoire, l'art et la littérature, des origines
du mythe jusqu'aux perceptions qu'en ont les historiens et spécialistes
d'aujourd'hui. Muni de son casque audio, le visiteur entre d'abord dans la Tour
du Regard, passe par le Chemin de ronde et pénètre
ensuite dans la Tour de l'Écoute. Il termine sa visite avec
une création originale en réalité virtuelle présentée
dans une salle souterraine appelée Trésor des Nibelungen
et située à sept mètres sous la ville.
1. La Tour du Regard : «Ainsi s'est construit
le mythe...»
Parlant du Royaume des morts, l'auteur anonyme du récit raconte en 12
stations les 39 chants de la légende, détaillant toutes les étapes
de la construction du mythe de ses racines pré-chrétiennes jusqu'à
son détournement en faveur de l'idéologie arienne nazi dans les
années 1930. Toutes ses variantes et ses récupérations,
du XIIe siècle à nos jours, sont présentées par
l'auteur dans la première tour des remparts de Worms, autour d'un sceptre
d'or aux multiples petites fenêtres montrant des centaines d'illustrations
anciennes et récentes retraçant les diverses strophes de la Chanson.
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| Tour du regard et nouveau bâtiment Photo : Zooey Braun © A + H |
Plan de la Tour du regard Photo : © A + H |
Sceptre aux mille images Photo :Zooey Braun © A + H |
2. Chemin de ronde : «Worms à travers
les âges»
Reliant les deux tours sur le haut des remparts, un chemin de ronde couvert
permet au visiteur de voir la ville par les meurtrières et de comprendre
son évolution grâce à une trame sonore d'interprétation
et à l'iconographie placée sur des panneaux situés près
de ces percées visuelles.
3. Tour de l'Écoute : «Ainsi fut écrite
la Chanson des Nibelungen»
La deuxième tour porte le regard sur toutes les dimensions littéraires,
artistiques, politiques et religieuses du mythe des Nibelungen. Le dernier étage
de la tour débouche sur une salle panoramique où le visiteur est
invité à porter son regard sur le véritable pays de la
légende, qui va de l'Islande au pays des Huns en passant par le pays
des Burgondes.
4. Salle souterraine : «Le Trésor des
Nibelungen»
Dernière étape du parcours, cette salle cylindrique de neuf mètres
de diamètre se trouve à sept mètres sous le musée.
Elle est entourée d'un écran circulaire de près de 360°.
Le visiteur pénètre donc sous la ville. Dans son casque d'écoute,
une musique originale et surprenante présente un quatuor vocal sur de
la musique électronique. Sur l'écran circulaire, le visiteur voit
les monuments et bâtiments de Worms qui flottent au-dessus de l'espace
imaginaire souterrain du mythe, ce dernier générant continuellement
des images issues du sceptre d'or présenté dans la première
tour. Invité à manipuler lui-même cet environnement virtuel,
le visiteur passe de la ville vue d'en-dessous à un espace poétique,
du visible à l'invisible et du temps courant à l'éternité
du mythe. Les images de synthèse et la composition musicale sont régies
en temps réel par des ordinateurs obéissant aux manipulations
du visiteur actionnant le système.
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Photo : © A + H
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Une
création sonore et musicale captivante
Les concepteurs de l'Atelier A+H de Paris soutiennent que la voix, le son et
la musique sont aussi importants que l'image dans leur reconstruction de la
Chanson des Nibelungen. Le lied y est récité en continu dans le
dialecte bas-allemand d'origine et accompagné par un choeur et des instruments.
Les concepteurs ont opté pour une approche radicalement contemporaine
de l'oeuvre ancienne. Ils ont élaboré une création musicale
et sonore pour quatuor vocal, son et électronique. La musique accompagne
également le visiteur tout au long de son parcours. L'univers musical
et sonore de la Tour du Regard plonge le visiteur dans une situation
de mémoire et d'action. La Tour de l'Écoute a une proposition
sonore plutôt que musicale. Le texte du XIIe siècle dans sa langue
d'origine est traduit simultanément pour le rendre compréhensible.
Dans le «monde sous le monde», la création musicale et sonore
est générée en temps réel, au fil des explorations
du visiteur.
Bâtiment
maquette A+H
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| Photo : © A + H |
Aménagé dans le mur d'enceinte de la vieille ville, le Musée
des Nibelungen loge dans deux des tours restaurées auxquelles se sont
ajoutées divers modules et une salle souterraine. Le musée intégré
dans un ensemble historique du XIIe siècle contribue à revitaliser
les quartiers voisins en les dotant d'un nouveau pôle culturel et touristique.
La
polémique autour de la construction
Le site choisi par la Ville de Worms pour le Musée des Nibelungen a soulevé,
lors de la réalisation du projet, une controverse qui a ralenti énormément
les travaux. En effet, le monument historique, portion de l'enceinte de la ville,
est cher à certains habitants de Worms qui n'ont pas vu d'un bon oeil
la construction moderne qui viendrait s'y greffer. Après un référendum
vivement débattu, le projet a pu redémarrer. La juxtaposition
de l'ancien et du moderne avec les niches d'accueil et de services construites
en forme d'ogives et faites de verre et de métal en fait aujourd'hui
un projet architectural des plus originaux.
Les
concepteurs
L'Atelier A+H de Paris, formé d'Olivier Auber et de Bernd Hoge, a remporté
en 1996 le concours international d'idées pour le musée. L'agence
a ainsi obtenu une mission complète de maîtrise d'oeuvre du projet
: architecture du bâtiment, contenu de l'exposition et développement
des présentations et multimédias. Le projet a été
réalisé avec le concours d'Emmanuel Berrier et du compositeur
Thierry Fournier.
Paule Renaud et René Rivard
CULTURA bureau d'études, Montréal
Pour plus d'infos
Consultez
la fiche technique du Musée des Nibelungun
| Société des musées québécois | www.smq.qc.ca | Dernière mise à jour : le 6 janvier 2012 |