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Science Nord - Science North : le Centre des sciences de Sudbury |
Texte et photos : Ginette Cloutier, consultante en muséologie et patrimoine
Sommaire
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Un
voyage d'étude au cur de l'animation scientifique
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C'est au cours de juillet 2002 que j'ai été accueillie des plus chaleureusement par l'équipe scientifique de Science Nord pour un voyage d'études de douze jours au cur des programmes de diffusion et d'animation de ce Centre de sciences assez particulier.
Ce voyage d'étude a été possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec dans le cadre du programme « Étalez votre science, stage hors Québec ».
Le reportage que je vous propose de ce voyage d'études vous présente une vision tout à fait personnelle, mes sources d'inspiration pour de la diffusion muséale scientifique, mes coups de cur. J'aimerais souligner à mes collègues québécois oeuvrant dans les musées scientifiques que je suis consciente que Science Nord n'a pas tout inventé, mais il y règne une philosophie et une approche intéressantes pour rendre la science accessible et conviviale. Au cours de ce voyage d'études, je me suis investie dix jours complets dans le musée, participant à tout, suivant des groupes de jeunes, observant les familles et me glissant même dans le costume des Bluecoats pour y expérimenter l'animation scientifique. C'est ce dont je souhaite témoigner.
Et parfois, si nul n'est prophète en son pays, parfois aussi avons-nous l'il plus aiguisé, plus attentif, plus émerveillé et plus critique quand on est touriste.
Les origines de SCIENCE NORD, en bref
Sudbury se situe dans le bouclier précambrien, une formation rocheuse
âgée de 2,5 millions d'années, soit la plus vieille en Amérique
du Nord. Sudbury se trouve à environ 400 km au nord de Toronto. Selon
les géologues, la région de Sudbury est le site d'un important
impact météorique qui a formé un bassin riche en dépôts
de minerai de sulfure et de nickel. En 1902, on crée INCO Ltée
(International Nickel Company) la principale compagnie minière de la
région qui en 1970, construisit sa super cheminée de 1 552 pieds,
en vue de réduire les émissions de bioxyde de soufre provenant
du processus de fusion du minerai. Cette même année, Sudbury reçoit
le prix d'excellence environnemental du gouvernement canadien. En 1992, Sudbury
reçoit également le prix Chevron des États-Unis ainsi que
l'un des plus importants prix internationaux accordés pour souligner
des initiatives environnementales lors du Sommet de la Terre qui a eu lieu à
Rio de Janeiro en 1992. La santé environnementale continue de faire partie
des priorités de Sudbury.
Sudbury compte une population multiculturelle de 165 242 habitants et possède la troisième population francophone en importance au Canada (hors Québec). Cette ville est le centre d'éducation par excellence du nord de l'Ontario; elle abrite le Collège Boréal, le Cambrian College ainsi que l'Université Laurentienne.
Au cours des années 1950 et jusqu'au milieu des années 1970, on projette la création d'un musée des mines à Sudbury. C'est à la fin des années 1970 que le projet s'est graduellement orienté vers un centre des sciences qui irait plus loin que la géologie et les techniques d'extraction minière. En janvier 1981, la compagnie INCO Ltée, annonce un don de 5 000 000 $ au fond d'immobilisation du projet, soit le don le plus important d'une entreprise canadienne à un projet culturel et communautaire. Le 19 juin 1984, Science Nord ouvre ses portes au coût de 27 millions de dollars et devient en janvier 1986, une agence du ministère de la Citoyenneté, de la Culture et des Loisirs de l'Ontario.
Une architecture moderne dans un environnement de
mines et de lacs
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Photo : Science North / Science Nord
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Tel que décrit dans le Guide d'été 2000
de Science Nord :
« L'architecture de Science Nord réunit deux images caractéristiques
du milieu de Sudbury : le cratère et le flocon de neige. Le Bassin de
Sudbury a été créé il y a presque deux milliards
d'années par la chute d'un météorite. Le flocon de neige
représente la glaciation et le climat qui ont modelé les paysages
du nord de l'Ontario ». La métaphore de base du concept architectural
se résume ainsi : « Un flocon de neige qui se dépose
doucement sur un cratère rocheux.»
Le thème architectural du flocon de neige et du cratère a été imaginé par le bureau d'architectes Townend, Stefura, Balesha et Nicholls de Sudbury et celui de Moriyama, Teshima de Toronto. Le projet initial a reçu une reconnaissance nationale avec le prix d'architecture du gouverneur général.
La métaphore architecturale a été réalisée
en deux temps. D'abord, on a taillé la Caverne INCO (caverne véritable
où on présente des films 3-D, des spectacles en direct et des
activités spéciales) à même le roc solide vieux de
3,2 milliards d'années. Cette caverne s'inspire des événements
gigantesques qui ont fait éclater la croûte terrestre et créé
l'énorme cratère de Sudbury. Le bâtiment principal ayant
la forme hexagonale d'un cristal de neige a été construit au-dessus
de la Caverne. Tous les bâtiments de Science Nord ont un revêtement
d'acier inoxydable, matériau dont le principal élément
est le nickel, produit à Sudbury. "
On peut compter un total de 219 lacs d'eau douce à l'intérieur
des limites de la nouvelle ville de Sudbury, dont 30 se trouvent à l'intérieur
du centre urbain incluant le lac Ramsey qui se déploie à l'entrée
de Science Nord.
Depuis son ouverture en 1984, Science Nord n'a pas cessé de se développer. On y a ajouté la salle IMAX de 200 places (la première et la seule salle de cinéma à grand écran du nord de l'Ontario); la salle des Voyages virtuels (simulateur de mouvements); la Grande salle d'expositions de 6 000 pieds carrés; la Galerie des papillons (une volière de 1 000 pieds carrés abritant des papillons vivants) et plus récemment les quatre théâtres d'objets. Science Nord planifie l'ouverture de la mine Big Nickel, un centre d'interprétation de la mine qui permettra la visite des galeries souterraines des mines.
Science Nord présente des collections et des activités en relation avec l'ensemble des disciplines scientifiques, naturelles et technologiques : systèmes vivants, espace, géologie, biologie, technologie, etc.
Science Nord reçoit plus de 200 000 visiteurs par année et son expansion est continuelle. Mais ce n'est pas suffisant pour boucler le budget octroyé par le Ministère. L'institution doit se pencher sur les moyens promotionnels adéquats pour attirer une clientèle touristique pas si évidente à rejoindre.
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C'est là que j'arrive et ce qui me frappe surtout en me rendant à Sudbury par la route principale qui y mène soit la transcanadienne (la 117), c'est de traverser des paysages de rocs, des paysages durs, des petits villages le long du parcours, assez pauvres, désolés et désolants ... Assez pour me demander où je m'en vais ? M'a-t-on bien conseillée d'aller voir ce musée de sciences . si inspirant ? Puis d'arriver et de découvrir cette architecture moderne, cet immense Centre de sciences dans cette petite ville de mines. Et surtout de découvrir, en entrant dans le musée par une rampe en spirale entourée de verre, le squelette d'un immense rorqual et aussi une vue panoramique du lac Ramsey couché au pied du musée si invitant avec son trottoir de bois qui l'entoure tout le long. |
Le rôle polyvalent des
animateurs
C'est en 1988 que Monique Camirand et Marie-Thérèse Bournival
ont visité Science Nord dans le cadre d'une tournée des musées
au Québec, en Ontario aux États-Unis et en Europe. Elles s'en
sont inspirées pour proposer aux musées québécois
un rôle plus polyvalent de nos animateurs et une nouvelle approche en
contexte d'exposition. Le document qu'elles ont rédigé Animer
en contexte d'exposition tient encore la route dans de nombreux services
éducatifs des musées québécois.
Pour Science Nord, les scientifiques et les animateurs sont nommés les Bluecoats ou sarraus bleus en français. Ils portent ces sarraus bleus symboles de ce que les scientifiques portent en laboratoire. Identifiés clairement comme des scientifiques d'abord, ils sont facilement repérables par les visiteurs. Les Bluecoats reçoivent lors de leur formation un document de cinq pages sur les standards d'excellence attendus dans leur rôle d'animation : ils doivent agir à la fois comme " ambassador, scientist, entertainer, initiator, caretaker and troubleshooter ". Chaque rôle est bien expliqué, en termes clairs et en objectifs de rendement attendus. On peut dire que les Bluecoats de Science Nord assument bien leurs multiples personnalités malgré quelques petits travers inhérents à fonction d'animation. Tous les musées ou centres qui privilégient la présence d'animateurs font face à ces quelques périodes de relâche où les animateurs, épuisés par l'animation ou en manque de visiteurs, préfèrent échanger entre eux plutôt qu'avec les visiteurs. Mais la chef des Bluecoats, est là, présente dans son petit bureau installé sur le plancher de l'animation. Elle-même vêtue d'un blue coat, elle veille au grain avec un immense sourire pour ramener gentiment son équipe vers le chemin des visiteurs.
Des expériences scientifiques
conviviales
Des familles, des jeunes, des poussettes j'en ai vus et croisés lors
de mon séjour. Il faut dire que c'est le public qu'on souhaite accueillir,
et un public plus que présent dans la grande région de Sudbury.
Science Nord propose une programmation très diversifiée répartie sur quatre étages avec différentes aires d'activités où les expériences scientifiques sont adaptées aux différents niveaux de lecture et d'apprentissage du public de tous les âges. Comme la plupart des musées et centres des sciences, Science Nord vise l'accessibilité à la science et la convivialité pour ses visiteurs.
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Cette convivialité se dégage vraiment des espaces de Science Nord. Rien de nécessairement très innovateur dans les activités offertes, ou différent de ce qu'on retrouve dans les centres de sciences, sauf peut-être ce nouveau concept de théâtres d'objets, mais est-ce peut-être l'aménagement des espaces, la lumière de l'extérieur qui entre par les grandes baies vitrées, la présence des ordinateurs côtoyant des jeux mécanos, des pistes de courses où les visiteurs attroupés fabriquent leur propre bolide à faire courir sur la piste, les tout-petits cachés dans un arbre maison, les animaux vivants qu'on sort de leur cage pour les nourrir devant les visiteurs, l'écureuil volant qu'un jeune animateur de 15 ans fait voler dans nos mains, le lit à clous, l'anneau multi axes qui nous fait vivre l'expérience de l'apesanteur comme les astronautes, le véritable simulateur d'avion où jeunes et moins jeunes vivent la même démarche que le futur pilote en formation, ou est-ce la présence de tant de familles et de jeunes enfants, ou encore celle de ces groupes de jeunes de 12 ans qui expérimentent le camp spatial au cur des expositions ?
Et que dire de toutes ces salles écran, que ce soit la salle IMAX, la salle des voyages virtuels avec mouvements, la salle de films 3D sur des phénomènes naturels ou les théâtres d'objets ces espaces munis parfois de fauteuils confortables favorisant à la fois la détente et la délectation d'images, d'informations plus accessibles et de sensations agréables pour petits et grands. Qui permettent un repos physique avant de poursuivre la visite.
Bref, on peut dire que cette variété d'expériences scientifiques à vivre conçues pour tous les âges agrémentent l'atmosphère.
Un Centre des Sciences très présent
dans la communauté
Nous l'avons déjà dit, la Cie INCO, principale compagnie minière
de Sudbury a investi beaucoup d'argent dans le projet Sciences Nord. Plusieurs
thématiques du Centre que ce soit, en spectacles ou activités
thématiques sur les mines, les animaux, les phénomènes
physiques, l'environnement ou les changements climatiques parlent et partent
de la situation environnementale liée à Sudbury pour aborder des
phénomènes scientifiques plus généraux.
L'équipe scientifique de Science Nord, chercheurs, animateurs, responsables d'expositions et de programmation viennent prioritairement de la région : du milieu scolaire, des entreprises de la communauté. Très souvent ils sont recrutés dans le milieu scolaire dans les disciplines ou scientifiques ou technologiques ou dans les entreprises technologiques environnantes.
Les jeunes de 15 à 18 ans jouissent d'une place
particulière dans l'équipe
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Plusieurs d'entre eux n'ont pas de formation scientifique ou technique, mais ils en reçoivent une à Science Nord. Des jeunes de 15 à 18 ans, par exemple, prennent un engagement bénévole et participent à des ateliers de formation tous les samedis. Ils accompagnent les scientifiques lors des soins aux animaux, durant le marché de la nature, les recherches sur les roches et peuvent même effectuer des démonstrations et faire de l'animation avec les visiteurs. Une expérience touchante à voir. Avez-vous déjà vu un jeune de 15 ans, timide parce que c'est sa première expérience, démontrer à une vingtaine de visiteurs, les habiletés d'un écureuil volant en liberté ? Touchant et très sympathique si bien que nous étions plus d'une cinquantaine de visiteurs attroupés à la fin de l'animation. Ce type de compagnonnage est très formateur pour les jeunes et leur donne la possibilité d'obtenir un emploi à l'été ou lors de période de fortes affluences quand il y a des postes d'animateurs ou d'assistants animateurs de disponibles.
Le cinéma IMAX, une thématique en lien
avec les expositions
J'aime beaucoup les cinémas IMAX (grand écran, des très
belles images de nature, des sensations, des fauteuils super confortables).
Mais, jusqu'à maintenant, les cinémas IMAX relevaient pour moi
du pur divertissement.
Il est très intéressant de pouvoir s'adonner au plaisir sensuel d'un film IMAX en l'occurrence ici celui de Janet Goodall et des chimpanzés et de retrouver la même thématique dans une salle d'exposition adjacente. L'exposition [1], d'ailleurs, reprenait les thèmes et même certaines images du film pour les approfondir par des vidéos et des interactifs et par une présentation d'objets et de scènes relatant la vie de cette chercheuse et de cette défenderesse de la cause des chimpanzés en voie de disparition. Des graphiques sur l'évolution des espèces et des textes sur panneaux complétaient les informations didactiques. Comme me l'ont mentionné les responsables de Sciences Nord, l'exposition ne correspond pas au type d'expositions présentée habituellement dans le Centre des sciences. Celle-ci utilise beaucoup le texte et semble plus didactique. Cependant, ils ont remarqué qu'elle correspond à un intérêt de la part de certains visiteurs : ceux qui aiment lire. Je n'ose dire ici les plus cognitifs, car le reste des expositions présentées même si leur aspect extérieur est plus ludique recèle une foule d'informations présentées autrement, mais tout aussi cognitives.
[1] L'exposition a été
réalisée par la firme québécoise de design Design
Com. Plus.
Les Théâtres d'objets
Science Nord présente cinq Théâtres d'objets portant sur
cinq différentes thématiques : Ton cerveau incroyable,
Changements climatiques, La navette temps,
Exploitation des mines et Les secrets du soleil.
Ce concept initié par Science Nord consiste en de petites salles, petits théâtres agoras, où objets, écrans, effets visuels et animation participent de façon interactive à des présentations d'environ 20 minutes sur un thème scientifique.
C'est différent, amusant, visuel, familial et éducatif. D'ailleurs pour ceux et celles qui ont envie de l'expérimenter, le nouveau Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke a acquis Le cerveau incroyable.
Le Marché de la Nature
Le Marché de la Nature est un concept tout récent, interactif,
développé par Science Nord; c'est un comptoir d'échanges
où les visiteurs peuvent apporter des objets naturels et les échanger
contre des articles de la collection de Science Nord. Les visiteurs apportent
des objets trouvés dans la nature - des roches, des coquillages, des
fossiles, des cônes de pin ou des plumes. Les échanges sont fondés
sur un système de points. Des points sont accordés pour les connaissances
des visiteurs sur leur objet, sa rareté ainsi que sa qualité.
Les visiteurs font le tour de la collection de Science Nord et choisissent les différents objets qu'ils peuvent acquérir en échange des points obtenus. Ils peuvent effectuer sur place des recherches sur les objets qu'ils veulent obtenir ou sur ceux qu'ils apportent. Un Bluecoat est sur place pour aider aux recherches et gérer le marché .de la nature. Fort sympathique !
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Une vastitude d'activités
Il y aurait beaucoup à dire et à décrire plus longuement
les espaces thématiques et les activités proposées à
Science Nord et même leurs activités extérieures. L'espace
électronique, l'espace spatial, l'espace de la robotique et la contribution
de LEGO, l'espace corps humain, l'espace des animaux vivants, la galerie des
papillons vivants, les roches et minéraux, la panoplie des ateliers offerts
à toutes les demi-heures dans les espaces laboratoires en compagnie des
Bluecoats, les voyages virtuels, le théâtre de la découverte,
les films 3-D de la Caverne INCO, les camps de jeunes en robotique et en camp
spatial, le site web du CAGIS (Canadian Association for Girls in Science) pour
les filles de 7 à 16 ans, le futur Big Nickel
Je vous propose de vous laisser sur quelques coups de cur et je vous souhaite vivement d'avoir la chance de visiter Science Nord qui n'est qu'à six ou sept heures en voiture de Montréal sur une route un peu plate, mais qui vaut le détour.
La place faite aux jeunes de 15 à 18 ans
Je vous ai déjà parlé de la place et du compagnonnage prévu
pour les jeunes de 15 à 18 ans dans le cadre d'ateliers de formation
les samedis. Les jeunes s'engagent comme bénévoles à participer
à des ateliers de formation avec l'équipe scientifique et les
Bluecoats. Ils apprennent à soigner les animaux, à classer les
roches et minéraux, à faire de la recherche et à faire
des animations scientifiques. Ceci leur donnera l'occasion peut-être de
se découvrir une vocation scientifique ou de travailler pour Science
Nord si des emplois sont disponibles.
J'apprécie énormément cette approche de Science Nord qui accueille les adolescents au sein de leur équipe scientifique. Je remets en question le fait que les éducateurs de musées conçoivent trop souvent des programmes d'animation pour les adolescents, mais sans eux.
Théâtre de la découverte
C'est avec avidité et impatience que tous les jours, je m'informais de
l'heure des présentations du Théâtre de la découverte.
Cette formule n'est pas innovatrice dans les centres de sciences, j'en conviens,
mais elle continue d'être efficace et de séduire. Ces démonstrations
théâtrales animées par un animateur scientifique un peu
comédien me fascinaient ainsi que tous les visiteurs jeunes et moins
jeunes présents. Installés dans une sorte de théâtre
agora à plusieurs niveaux, nous attendions impatiemment l'arrivée
de l'animateur qui lui s'installait dans son laboratoire scientifique avec plein
d'équipements à tiroirs et à roulettes et du matériel
quotidien « scientifique ». Ce matériel dit scientifique
consistait en des objets comme un balai, une bouteille d'eau, de l'alqua seltzer,
des cordes, des pommes de terre, de petits contenants de films pour appareils
photo, des rouleaux d'essuie-tout et bien sûr des allumettes pour les
explosions qui nous ravissaient.
Que de plaisirs de voir exploser les pommes de terre, s'envoler des ballons remplis d'eau, exploser les couvercles des petits contenants, s'envoler les fusées en rouleaux d'essuie-tout. Que de rires et d'excitations en apprenant la théorie de la gravité de Newton, ou les principes physiques de l'explosion ou du déplacement de l'air.
La chef des Bluecoats
Nancy Chartrand est originaire de la région. Son père est gaspésien
et sa mère est née dans la région. Comme plusieurs des
jeunes et des gens de la région, elle fait partie de la population qui
a des origines françaises, mais le perd à force de ne pas l'utiliser.
C'est la chef des Bluecoats. Nancy travaillait pour une entreprise de la région dans le domaine de l'électronique. Elle m'a beaucoup impressionnée, par son sourire, par la force de son accueil et de son caractère, par sa présence constante sur le plancher de l'animation, au milieu des Bluecoats qui l'écoutent attentivement . On l'a choisie comme chef des Bluecoats parce qu'elle est accueillante, chaleureuse, aime le plaisir, connaît la matière électronique et possède un leadership naturel.
Les camps d'été pour les jeunes
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Au cours de mon séjour en pleine saison estivale, j'ai pu suivre de très près les tribulations d'une cinquantaine de jeunes répartis dans deux camps d'été d'une durée d'une semaine chacun, soit le camp ROBOTIQUE et le camp SPATIAL, encore là une formule d'animation pas nécessairement nouvelle, mais qui répond à des besoins et fonctionne bien.
Les jeunes de 9 à 12 ans qui participent à ces camps sont principalement des garçons et ne sont pas toujours volontaires. Ce sont parfois leurs parents qui les y inscrivent.
Ces camps d'été semblent un peu didactiques, à prime abord, pour la saison estivale, leur période de vacances. Il y a au début beaucoup d'informations à assimiler sur la robotique, l'électronique ou l'espace avant de passer aux activités plus ludiques et amusantes. Puis la magie opère l'animateur est jeune et dynamique, l'animatrice porte un vrai costume d'astronaute et est une vraie scientifique. L'esprit de groupe commence à s'installer, les vraies activités commencent.
La compagnie LEGO est très présente dans l'espace de la robotique. LEGO a commandité l'espace, a fourni des ordinateurs, des programmes informatiques et électroniques, une piste de course, des petits moteurs et tout le matériel nécessaire pour que les jeunes réalisent de courts films sur ordinateurs. Très intéressant.
Des camps de jeunes fort intéressants, instructifs, animés, épuisants pour les animateurs qui doivent animer, instruire, dorloter et amuser. Des jeunes qui sortent heureux et finalement très enthousiastes de leur expérience estivale. À Science Nord, on espère seulement que les filles attraperont elles aussi la piqûre des sciences.
Là où l'ordinateur est un moyen et
non une fin en soi
Très présent comme dans tout musée de sciences, l'ordinateur
est utilisé pour transmettre des compléments d'information et
non comme objet primordial de l'exposition. On peut si on le veut y recourir
et si on ne veut pas, il y a une foule d'autres activités à explorer
où on peut apprendre sans se sentir coupable de ne pas avoir touché
à un ordinateur. Il y a aussi une limite à ce que notre cerveau
peut assimiler durant une visite !
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Ma collection de roches
Une petite activité anodine, un jour où vers 16h je me sentais
lasse d'être bombardée par tout ce stimuli d'informations et d'animation.
Les musées et centres de sciences sont souvent de vastes espaces très
animés jusqu'à épuisement
.Science Nord a aménagé
de petites alcôves, des îlots, des coins tranquilles, sans ordinateur,
sans spectacle. Une simple table, quelques tabourets, un grand plat de métal
dans lequel on trouve beaucoup de petites roches
..mais lesquelles ? C'est
avec curiosité et avec l'âme d'une jeune fille, que j'ai observé
et collé des échantillons sur une petite feuille que j'ai conservée.
J'ai ainsi découvert la halite qui ressemble à
des petits cubes de glace, le mica qui ressemble à des
morceaux de vitre mince, le feldspath, cette forme de pierre
de plaine de couleur rose, le minerai de Sudbury qui laisse
une rayure noire sur la plaque de céramique et le talc
qui s'égratigne facilement sur l'ongle et qui se transforme en poudre
de talc. J'ai aimé ces petites découvertes, tranquille et solitaire
loin du bruit.
Une
équipe accueillante
Tous mes remerciements les plus sincères à Science Nord/Science
North plus particulièrement à Nicole Chiasson, adjointe au CEO,
à Alan Nursall, le directeur des programmes scientifiques et sa famille
pour m'avoir accueillie si généreusement et à Nancy Chartrand
et son équipe de Bluecoats pour leur enthousiasme et la formation qu'ils
m'ont permis d'acquérir en animation scientifique.
Ginette Cloutier, consultante en muséologie et patrimoine
Plus en savoir plus
Visitez le site Web de Science Nord, notamment la galerie de photos : www.sciencenorth.ca/photoarchive/
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| Société des musées québécois | www.smq.qc.ca | Dernière mise à jour : le 6 janvier 2012 |