
- Arts visuels et numériques
Du 2 avril au 3 juin 2026

Partiellement accessible
Avec Chronoscope, André Lemire propose une installation mécanisée qui aborde le monde comme un grand spectacle ambulant ou une migration arrivée à son terme il y a longtemps mais qui s’animerait encore malgré tout d’une énergie presque résiduelle, comme un théâtre chaotique qui chercherait à reprendre vie pour une ultime représentation.
L’artiste a pris part durant quelques années, en tant que menuisier, aux déplacements colossaux d’un spectacle de cirque bien connu. Dans chaque ville où le cirque se produisait, son travail consistait à construire et assembler sous une tente un monde complet : une forêt, un ciel, de la pluie, un véritable lac et une montagne capables d’accueillir 40 chevaux et 20 acrobates. L’immense chapiteau devenait chaque fois, pour un mois, le microcosme du monde. Il a été témoin de la fin et de la dissolution de la tournée au gigantisme caricatural dont chaque déplacement nécessitait 127 camions-remorques, 48 jours de travail et 300 ouvriers. Il était là dans la boue, sous la pluie battante, lors de la dernière descente du plus grand chapiteau au monde et de son entreposage définitif. C’est à partir de cette expérience qu’a été imaginée Chronoscope. L’exposition poursuis une démarche amorcée lors de précédents projets qui vise à user ou éroder une installation au fil des présentations, des bris et des réparations. En assumant ainsi l’usure de l’oeuvre, et sa réparation/reconfiguration dans un processus additif où rien ne se perd, il cherche à embrasser pleinement sa nature éphémère. L’objet exposé semble ainsi développer au fil du temps et des présentations une personnalité qui lui est propre et vouloir prendre vie, respirer même parfois, sans toutefois y arriver complètement.