
- Arts visuels et numériques
Du 29 mars au 17 mai 2026

Non accessible
S’installer sur une table comme une pièce de résistance, une victuaille qu’on dépiécera, dépouillera, analysera, questionnera. Creuser ses secrets jusqu’à en être entièrement dépouillée, totalement exposée. C’est l’essence de son être qui se retrouve à vue, offerte, exposée, vulnérable.
Avec courage malgré qu’elle soit dénudée jusqu’à l’os, l’artiste entame le processus de reconstruction. C’est un morceau à la fois qui sera accueilli, comme il vient, naturellement, isolément, imparfaitement. On te prend comme tu es, on te prend comme tu viens. On t’accueille, on te fait une place, on te place sur la table; voilà ta place. Un autre morceau se place, comme appelé, il complémente. Pas besoin d’avoir tous les morceaux pour commencer à rapiécer. On fait avec ce qu’on a, on donne de l’amour et de la tendresse à ce qu’il nous reste. Avec douceur, on rapièce les os sur lesquels on est tombés. C’est une partie de nous que l’on prend en main, que l’on berce, qu’on emmaillote, qu’on retisse, recoud, jusqu’au point où cette partie est exposée, parée, ornée, mise en valeur, prête à s’exposer aux regards, aux questions. Un morceau rapiécé à la fois, accueilli, embelli, l’être se reforme, se reconstruit. Vous assistez au processus de reconstruction, de guérison, de renaissance. Vous voyez derrière le rideau, vous admirez le travail nécessaire pour reconstruire un corps en pièces détachées, sans guide d’instruction, sans modèle à reproduire, un morceau à la fois, une étape après l’autre. Vous comprenez que les sutures sont visibles, que la cohérence n’est pas parfaite.
