
- Visual and Digital Arts
From March 29 to May 17 2026

Les installations de l’exposition de Jean-Pierre Gauthier conjuguent un travail minutieux de menuiserie, d’électronique, d’impression 3D et de programmation audio-numérique. Grâce à l’automatisation des dispositifs et à l’interaction des visiteurs, les œuvres acquièrent une certaine autonomie.
Sur le plan sonore, ces œuvres génèrent des formes d’improvisation et de composition imprévisibles. Elles se transforment également dans le temps, parfois sur de très longues périodes, comme dans Le supplice de la goutte, où un ancien ordinateur Macintosh, reproduit en savon, subit une lente dégradation goutte à goutte, déclenchée par la présence du visiteur. L’œuvre met en évidence une perte de contrôle sur la finalité et la vitesse de transformation de la matière. Cette perte de contrôle se retrouve dans Nourrir la bête (2025–2026), un orchestre automatisé déployé au sol sous forme d’un réseau d’instruments interconnectés. Pilotée par des algorithmes de composition sans durée déterminée, l’installation génère des combinaisons sonores et rythmiques imprévisibles, en constante évolution. Les sons produits sont captés, échantillonnés, transformés puis rediffusés par quatre haut-parleurs, selon une spatialisation aléatoire, créant un remixage continu de l’ensemble. Nourrir la bête se cannibalise : elle se nourrit de ses propres sons, les transforme et les rejette métamorphosés dans l’espace sonore. Au grenier, trois installations sonores interactives Appelants (2022–2023), Rappelant (2026) et Électrofaunie (2026) composent un environnement évoquant une biophonie réinventée, comme si un vieux bricoleur tentait de reconstruire, dans son grenier, un monde sonore disparu.
Numérique ; Art actuel ; Installation ; sonore ; culture ; interactif ; patrimonial