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Retour sur Les Grands Remous 2026, sommet du tourisme innovant et durable 

Infos en bref / 19 février 2026

Quand le tourisme devient un levier culturel, social et territorial, il ouvre des pistes inspirantes pour le secteur muséal québécois. Les Grands Remous ont réuni, pour cette deuxième édition, plus de 500 acteurs et actrices du secteur touristique autour de quatre questions centrales. À travers conférences, ateliers et études de cas, l’événement a proposé des réponses concrètes qui résonnent fortement avec les enjeux actuels des musées québécois. 

 

Voyager sans partir, le paradoxe entre touriste et résident  

Dès l’ouverture, les échanges ont invité à dépasser une logique de fréquentation quantitative pour privilégier la valeur créée par le tourisme pour les habitants du territoire. Cette approche, déjà au cœur des missions muséales, a été illustrée par la destination invitée des Grands Remous, la Catalogne, qui mise sur la diversification des publics, la déconcentration géographique et saisonnière, et l’amélioration de la relation entre résident et visiteur. 

À la lumière de ces échanges, plusieurs pistes émergent pour le secteur muséal. Elles invitent les musées à consolider leur rôle de lieux profondément ancrés dans leur communauté, pensés autant pour les résidents que pour les visiteurs. Au-delà des logiques de pics d’achalandage, cette perspective encourage une création de valeur plus durable, fondée sur la qualité du lien au territoire et sur des retombées culturelles et sociales qui s’inscrivent dans le temps. 

 

Du durable au régénératif: réparer, revitaliser, transmettre  

Le tourisme régénératif, largement discuté, a été présenté non comme une mode, mais comme une opportunité de développement économique, social et environnemental. Il ne s’agit plus seulement de « faire moins mal », mais de contribuer activement à la vitalité des écosystèmes naturels, sociaux et culturels. 

Cette posture fait écho au travail des institutions muséales : préserver les patrimoines, renforcer les liens sociaux, transmettre des savoirs et laisser une empreinte positive. Les interventions ont rappelé l’importance de se poser deux questions clés, transposables au milieu muséal : 

  • Qu’est-ce qui est réellement restauré ou renforcé grâce à nos actions? 
  • Qui gagne en capacité d’agir localement après notre passage? 

 

Sous le code, les impacts: le paradoxe entre liberté numérique et dépendance algorithmique  

Les échanges sur l’intelligence d’affaires et l’IA ont mis en lumière un paradoxe contemporain: plus la technologie progresse, plus le besoin d’émotions, de relations et d’authenticité s’affirme. 

Un temps fort a été consacré aux indicateurs de performance et d’impact en tourisme responsable et durable. Les discussions ont souligné la nécessité de combiner des données quantitatives utiles à la décision avec des indicateurs qualitatifs, plus humains et ancrés dans le vécu des communautés. 

Pour les musées, souvent confrontés à la difficulté de mesurer l’impact socioculturel, ces réflexions ouvrent la voie à des outils mieux adaptés: évaluation du lien au territoire, contribution au bien-être collectif, qualité de l’expérience visiteur, et retombées éducatives. 

Des cas concrets, dont celui de la mutualisation des données culturelles à Joliette, ont démontré le potentiel de la collaboration entre musées et événements pour mieux comprendre les publics, développer des parcours culturels intégrés et maximiser les retombées locales - sans perdre de vue l’éthique et le sens. 

 

Prendre soin de l'intérieur, le paradoxe entre prendre soin de soi et prendre soin des autres : 

Enfin, Les Grands Remous ont ouvert un espace de réflexion sur le travail, la performance et le bien-être des équipes. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de transformation des métiers, les interventions ont rappelé que le sens, la cohérence entre mission et pratiques, et la qualité des conditions de travail sont des leviers majeurs de résilience. 

Un message particulièrement pertinent pour le secteur muséal, où l’engagement humain est au cœur de l’expérience offerte au public. 

 

À retenir pour le milieu muséal 

Les Journées professionnelles des Grands Remous 2026 nous ont rappelé qu’en misant sur leur ancrage territorial, leur mission sociale et éducative, et leur capacité à créer du sens, les musées peuvent jouer un rôle stratégique dans un tourisme à impact positif, en plaçant la communauté, le patrimoine et l’avenir collectif au cœur de leurs actions. 

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